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30 janvier 1951 [1], mariage de Michel Traversat (22 ans) avec Monique Goupille (23 ans) à La Forêt sur Sèvre (Deux Sèvres, le pays de la mariée, selon la tradition. Grand mariage à l’ancienne, avec les nombreuses demoiselles d’honneur et garçons d’honneur. Cortège jusqu’à l’église avec coupé de ruban, signalant le passage d’une maison amie tenant à honorer la mariée. Trois fois, ce qui est grand honneur, la mariée coupera le ruban tendu entre deux chaises, tandis que les badauds détaillent la mariée et le marié, les robes. Celle de Monique avait été tissée à Lyon, fournie par des amis du marié et confectionnée par la couturière très habile de la famille (Madame André à Bressuire). Le temps était assez clément pour la saison, mais l’usage du "manchon", était à la mode et de rigueur pour se protéger les mains du froid dans son fourreau protecteur. Sur une des chaises tenant le ruban, il était traditionnel aussi de disposer d’une assiette remplie de friandises pour les membres du cortège qui pouvaient laisser leur obole en remerciement. Le déjeuner de mariage aura lieu à la ville voisine de Cholet. Le couple partira une semaine en voyage de noce, dans le sud ouest de la France, Arcachon, la côte basque... Le père Guichardan a concélébré la messe de mariage. Ami de la famille Traversat, il deviendra le directeur du magazine chrétien "Le pélerin", amitiés nées de la guerre, une famille héroïque de grands résistants, le père de Michel connut la déportation, sa mère la prison pour protéger son mari résistant, un des frères de Michel, Jean, torturé et tué au maquis. Famille très catholique et engagée.
la rencontre de Monique et Michel (PNG)


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La rencontre de Michel et Monique

Décembre 1948, Bal des officiers du « Génie » à Angers. Monique suivait, alors, des cours de secrétariat à Angers, les « cours Breton ». D’autres cours aussi : coupe couture... et logeait chez les Larcher (Bernard et Odette). Le capitaine Dumont, ami des Larcher leur avait remis une invitation... « Oui oui, votre nièce (Monique) peut venir, je l’accueillerai, moi-même... » Et Monique, accompagnée de sa cousine Mimie Taillebois, de se rendre au bal du Génie. La soirée s’avançait. Une heure du matin, et nos deux cousines commençaient à se languir de ne pas avoir accroché le beau militaire à leur convenance. Pour Monique, il fallait qu’il soit grand. Mais les nabots, attirés par cette grande fille bien balancée et peut-être le désir de prendre une revanche sur leur petite taille, avaient trop pris de son temps, à son goût, leur nez au niveau de sa poitrine humant son parfum. La bonne éducation et la charité a ses limites. C’est alors, que tiré par ses copains qui étaient allés le chercher dans sa chambrée, un grand militaire entra en scène. Son nom Michel Traversat, effectuant son service militaire à l’Ecole du Génie d’Angers, ces militaires qui dressent des ponts, déblaient les routes, créent un aérodrome de fortune pour que se déploie le gros de la troupe. Il était grand, le regard lumineux, le port altier. « Tu vois, c’est celui-là, qu’il me faut ! » confie, alors, Monique à Mimie. Je le fixais, essayais de capter son regard, « faisait des papillons », c’est ainsi que Monique désignait son arme fatale : son jeu de paupières captateur et enjoleur. Michel ne vit alors que cette grande fille qui émergeait de la foule, tout à fait à sa pointure. Une danse et puis une autre, le nabot qui revient et qui obtient sa danse. C’est bon pour enfoncer davantage l’hameçon. Une autre danse avec le grand militaire toujours inconnu. Aucun ne s’était présenté. Michel leur commanda une boisson. Et ils dansèrent, ainsi, toute la nuit, jusqu’à la fermeture du lieu. Le petit matin pointait.

Quoi faire après cette nuit tournoyante ? « On va aller à la première messe » dirent alors Mimie et Monique. - « Est-ce que je peux vous accompagner ? ». Et les voilà se dirigeant vers la chapelle St Joseph, à proximité de la rue Saint-Aubin. Là où habitaient les Larcher.

Démarche déjà surprenante, de la part de ce grand militaire, dans l’esprit des cousines, mais la surprise a été encore plus grande quand arrivés dans l’église, elles l’entendirent annoncer très naturellement, en même temps qu’il confiait son calot à Monique : « Je vais aller aider le prêtre ». Ca alors ! Tandis qu’il servait la messe et que, manifestement, le rituel lui était familier, « je retournais son calot, à la recherche d’un nom cousu », comme ceux que l’on mettait sur ses vêtements de pensionnaire. Non, rien ! Chez les militaires, ce ne doit pas être comme en pension... J’avais 21 ans. J’étais face à un inconnu, affable, bien élevé, il était grand, il était beau, encore réhaussé par le prestige de l’uniforme et en plus, il « pratiquait », pas passivement, non activement et avec un naturel qui acheva de « m’impressionner ».

Après la messe, nous « nous dirigeames vers la rue Delage », chez Mimie. « Quand est-ce que je pourrai vous revoir ? » dit alors le grand militaire. - « Aux JMF, si vous voulez » [2]). « Mais je ne sais toujours pas votre nom ? Moi, c’est Monique Goupille ».
Et mon beau militaire, du Génie, de ceux qui contruisent... de m’étonner encore : « goupilles... j’en tripote toute la journée » (sic). Et moi, qui venais de découvrir le Génie, j’apprenais aussi ce qu’était une goupille. J’étais devenue experte à manier les épingles à nourisse, à la pouponnière de Cholet, où un temps j’avais travaillé, mais pas les goupilles. Les bonnes sœurs, au pensionnat, mes parents, personne ne m’avait appris, ni mes gènes, ce qu’était une goupille... Un militaire du Génie en tripotait toute la journée. Plus tard, pour mon édification, il m’en donnera une...

Quelle impression avait-elle faite sur ce militaire si déroutant ? Il devait le confier à une de ses cousines Madeleine Perrault qui, plus tard, le redira à Monique : « Si je la revois, je suis raide ! ». Ainsi parlait Michel -« que papa appelait Strogoff » ajoute Monique - ce grand militaire, bien sous tous rapports... Dans le civil il était alors dessinateur-projeteur et commença à ce poste chez Péchiney, à Paris, avant d’en gravir les échelons. Le jeune couple s’installa donc dans la capitale, dans un studio appartenant aux Touillaud, des amis des parents Goupille. Devinez où ? A Pigalle ! Pour l’édification complète des jeunes provinciaux.

C’était l’histoire de la rencontre de Monique et Michel, des jeunes gens bien sous tous rapports, ce que confirma l’enquête discrète que chacun des parents fit mener par la suite avant que fiançailles et mariage viennent ponctuer la suite de l’aventure humaine de ces deux là.

D’après les souvenirs de Monique recueillis à Paris, au restaurant « La Cagouille », le jeudi 1er février 2007.

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[1] 1951 et non 1950, comme mentionné, par erreur, sur l’animation vidéo

[2] Jeunesses Musicales de France qui organisaient alors des concerts et spectacles au Théâtre d’Angers

 

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